| Les Aborig?nes d'Australie |
S’imprégner de la racine spirituelle des peuples premiers devrait nous apprendre une autre façon d’exister et de projeter notre avenir sur cette planète, s’il n’est pas trop tard. Le monde physique, spirituel, sacré est trilogique, des races et des religions du monde se retrouvent au carrefour de la tolérance, en quête de spiritualité. Il est encore temps de partir en pèlerinage dans les sanctuaires mystiques de la planète Terre et de découvrir ceux des Aborigènes d’Australie.
ORIGINE DES ABORIGENES ET INSULAIRES DU DETROIT DE TORRESMême de nos jours, la recherche archéologique, scientifique donnent des repères mais pas de réponse concrète sur l’origine des Aborigènes d’Australie. Les tests d’ADN, risquent éclairer notre lanterne, les chercheurs affûtant toute trace génétique, les similitudes des gênes entre les Aborigènes d’Australie et d’autres groupes ethniques. Plusieurs théories sur leur origine ont vu le jour, et l’une d’elle prétendrait qu’ils seraient arrivés sur le continent par le nord (Arnhem Land, le Kimberley ou Cape York) via Timor il y a 70,000 ans. Une autre version suggère qu’ils soient venus par un passage de basse mer entre la Papouasie Nouvelle Guinée (banc de Sahul), alors que la masse immergée des continents était moins importante. Peut-être qu’une théorie est isolée d’une autre et que plusieurs vagues humaines seraient arrivées à différents moments ou en même temps sur des points géographiques du continent. Les Mélanésiens australiens seraient venus habiter les îles du Détroit de Torres entre le Cape York et Nouvelle Guinée depuis au moins 3000 ans, arrivant peut-être de Malaisie, ou Indonésie, en Nouvelle Guinée pour ensuite se déplacer sur les îles. La plus grande population mélanésienne est en Nouvelle Guinée, Irian Jaya, le Détroit de Torres, au nord de la Péninsule du Cape York. Les Aborigènes d’Australie n’ont pas de groupe sanguin B et A2 et ils auraient sans doute des alliances sanguines avec les peuples d’Océanie, comme de Papouasie Nouvelle Guinée, les Négritos des Philippines, Malaisie, Bornéo, Les Murrayiens parents des Aïnous du Japon, les Aborigènes du sud de l’Inde ou les peuples Vedda du Sri Lanka. Les preuves scientifiques et archéologiques prouveraient que l’occupation humaine, selon le lieu géographique du continent, serait de 175 000 ans et d’une moyenne de 40 000 ans, selon les datations à l’analyse du carbone 14.
POPULATIONIls étaient environ 750 000 avant la colonisation, et peut-être plus. De nos jours, ils seraient un peu moins de 400 000 et ils représentent 2 % de la population australienne. Il existe quelques 250 tribus divisées en clans avec autant de langues et dialectes. Chacun pouvant parler une ou plusieurs langues affiliées à des territoires définis avec lesquels ils avaient des liens physiques et spirituels. Le terme "Aboriginal" est très controversé selon les points de vue linguistique, administratif. Après 1770, les noms indiquant une personne comme "Yolngu, Yalpa, Koori, Murri, Bamas, Gidja, Nunga … indiquaient une origine géographique et une entité sans se référer à une tribu particulière. Les Aborigènes nomment les blancs "Kardiya”, "walbala" par exemple sans se référer à une nationalité particulière. La définition du Commonwealth est sociale plus que raciale pour définir leur identité. Une personne aborigène est définie en tant que personne qui est de descendance aborigène d’Australie, et qui est identifiée et acceptée comme aborigène, par les membres de la communauté dans laquelle il ou (elle) vit. La couleur de la peau même éclaircie n’empêche pas une personne d’être Aborigène. L’époque de l’assimilation, le métissage volontaire ou non, ont élargi la notion traditionnelle de l’identité sociale dans un groupe. Qu’il soit resté chasseur cueilleur dans l’âme, ou docteur en région urbaine, l’un peut vivre sur sa terre traditionnelle et pratiquer ses coutumes et traditions, tandis que l’autre vit en ville, coupé de ses liens culturels. Par les liens du mariage ou autres alliances, les membres des communautés décident eux-mêmes si une personne est considérée comme une des leurs et l’allusion à la couleur de peau, même claire, peut être considérée comme une insulte.
POPULATION ABORIGENE Total: approx 493,350 1/3 de la population aborigène vit en zone rurale et reculée; 30% dans des villes de plus de 100 000 habitants, 42% dans des villes et villages, 27% vit en zone rurale et très reculée. La population aborigène en 2006 serait de 470 000
LE MODE DE VIEMODE DE VIE TRADITIONNELLes Aborigènes d’Australie étaient chasseurs-cueilleurs et la fabrication d’outils était nécessaire à leur survie. Comme ils étaient nomades, il était logique de ne pas s’encombrer de trop de choses lors des déplacements. Le rythme des déplacements étaient celui des pluies, des saisons, l’eau et la nourriture étant un souci quotidien. Les fluctuations géographiques, climatiques ont influencé certaines différences d’une tribu à une autre dans leur manière de vivre, et les gens habitant près de l’eau salée ou d’eau permanente avaient plus de temps de loisirs et moins de déplacement à faire que le chasseur cueilleur vivant en zone aride. Selon les régions, les outils diffèrent dans leur forme et usage, même si le bois est l’élément naturel le plus usité pour fabriquer des boomerangs, de toute taille, usage et forme. Ils fabriquaient des huttes qu’ils laissaient debout et reconstruisaient si nécessaires quand ils revenaient sur le camp, et ils laissaient des pierres à moudre, trop lourdes à transporter. Chacun avait une tâche attribuée, et les femmes s’occupaient de la cueillette et du petit gibier, tandis que les hommes chassaient le gros gibier comme les émeus, le kangourou, le pérentie, ce grand varan de plus de deux mètres de long.
LIEU DE VIELes Aborigènes d’Australie sont pour la plupart concentrés dans les régions septentrionales du pays. Beaucoup vivent dans des réserves appelées ‘communautés’, et d’autres sont plus ou moins noyés dans les prolétariats des grandes villes ou éparpillés dans les agglomérations des petites villes où la politique de l’assimilation peut entraver la voie d’une pratique spirituelle ancestrale. Ils habitent les îles comme la Tasmanie (malgré l’extermination presque totale des insulaires de cette île) au sud, à l’est et le nord, île Fraser, île de Palm Island, Mornington, Groote, Barthurst et l’île de Melville. Une population de quelques 6000 insulaires vit dans l’archipel du Détroit de Torres, dont TI (Thursday Island) est la capitale. 25 000 insulaires vivent sur le grand continent australien. Depuis la restitution des terres de 1976, et de l’Acte des titres de natifs, ces jugements ont permis à certains de retourner vivre sur les lieux de vie de leurs ancêtres. La notion originelle du ‘HOMELAND’ est lié au pays de leurs ancêtres, leurs croyances et leur mode de vie ancestral. Ces homelands selon eux, sont leur identité intrinsèque, les affiliations à leur(s) lieu(x) de création, lieu des origines, lieu de vie de leurs ancêtres et de leur groupe familial. LA TERRE NE LEUR APPARTIENT PAS, ILS APPARTIENNENT A LA TERRE, et la pensée blanche sur le droit foncier s’élève encore rarement au-dessus des contraintes politiques, juridiques et administratives, pour faire valoir leur principe de la propriété. Le fondement du droit foncier aborigène, est l’ascendance commune qui existe entre tous les êtres vivants et la terre : les mêmes forces spirituelles qui les ont crées, et depuis, de génération en génération, d’initié en initié, elles se transmettent, notamment dans les peintures, faisant d’elles, au sens propre, des titres de propriété.
COEXISTENCE DE DEUX MONDESLes aspects de la vie traditionnelle aborigène sont de nos jours juxtaposés au mode de vie contemporain dans des hameaux modernes. Des maisons y sont construites, des puits, éoliennes ou générateurs fournissent l’électricité et l’eau. Des chemins et routes sont construits pour relier au monde extérieur les habitants, qui se déplacent en 4 X4 ou voitures. Ces aspects modernes qu’ils adoptent, contrastent avec leur culture matérielle qui était simple et loin des notions occidentales de la possession, du désir quantitatif pour le profit et la notion de pouvoir. Le monde blanc, les croyances chrétiennes se sont greffées à leur monde, et ils ne rejettent pas tous leurs contenus qui peuvent, s’il y a contrôle et respect des deux, cohabiter d’une certaine manière. Leurs connaissances détaillées du monde qui les entoure, leur esprit créatif, leur philosophie de la conservation et les coutumes religieuses, demandaient une initiation préalable par un processus élaboré qui commençait dès l’enfance jusqu'à la mort. Ces thèmes amènent à parler de l’art de vivre, l’art de penser qui s’expriment aussi par les arts et la musique.
LES ARTS ET LA MUSIQUEAvant de parler de l’art, il faut parler de la TERRE, car l’ART ce sont les choses de la TERRE ! L’Australie est couverte de groupes humains, de flore et faune qui représentent une mosaïque de peintures : chaque tribu a su interpréter la naissance, déplacement et existence des choses crées ; autant de rêves engendrés, à venir, à recréer. Les esprits suprêmes, les géniteurs de cette cosmogonie, ont légué des peintures, des chants et des danses pour réincarner la mémoire de la création et de sa pérennité. On entre difficilement dans la peinture aborigène sans en accepter la LOI où se trouve le REVE. Acquérir cet art pour n’honorer qu’une valeur esthétique, possède sa logique, mais renvoie l’homme blanc à son incapacité à voir ce qui n’est pas lui. En Australie Centrale, d’une vue aérienne, il est possible de décrire les éléments physiques comme les cuvettes argileuses, les lits des ruisseaux et rivières à sec, les collines caillouteuses et les chaînes de montagnes usées, des dunes de sable. Ces contours ont parfois des formes moitié humaine, moitié animale. En affûtant un peu plus sa vue, les parterres de fleurs, SPINIFEX, buissons, forment des taches, et si on zoomait un peu plus ce décor, on pourrait alors voir les empreintes des animaux, insectes, qui se déplacent sur le sable et le sol et même leurs terriers et des nids d’oiseaux remplis d’œufs. Le décor d’un territoire est aussi spirituel et chargé d’une histoire chapitrée, décodée par ceux qui partagent le même rêve, qui est peint sur leur peau, sur une tablette de sol, et qui est alors dansé et psalmodié lors de cérémonie appelée ´ corroboree ª. Cet art est éphémère car effacé une fois la cérémonie terminée. L’expression artistique est surtout religieuse et relate les mythes et croyance totémique des esprits ancêtres qui peuvent prendre une forme humaine. Traditionnellement, la notion de ‘WOMEN BUSINESS’ et ‘MEN BUSINESS’ ne définit pas seulement le clivage du savoir entre les deux sexes, mais aussi la notion du secret et tabou de divulguer à l’autre ce qui n’est pas soi. Le langage des signes connut une renaissance dans les années soixante dix, quand, à PAPUNYA dans une communauté centrale, les anciens se mirent à juxtaposer leur art sur des supports comme des portes ou des bouts de carton. On leur offrit des toiles de lin à la place, des tubes de peintures acrylique, et le mur du silence se brisa pour faire renaître cette culture si longtemps méprisée par les blancs. Il naissait alors l’école artistique de Papunya, qui fit vent de sable parmi d’autres communautés. Papunya créa le mouvement contemporain de la technique des points, le ‘DOT PAINTING’ qui s’élargit dans la région du centre du continent. Les artistes de l’école artistique du nord du Territoire du Nord peignent la faune et les esprits avec le style ‘rayons X’, qui permet de visualiser les organes des animaux représentés, ainsi que des hachures très régulières et fines, savamment apposées sur des peintures sur écorces, des DIDGERIDOOS et de nos jours sur des toiles. Le langage de ces peintures visualise aussi l’identité des tribus reconnaissables par les couleurs et motifs apposés sur chaque objet. Des bâtonnets, cheveux, brindilles ou tiges d’herbes servaient de pinceaux et quatre doigts et un pouce assistaient l’œuvre artistique apposée sur le corps d’un autre ou sur un quelconque support. Les médiums utilisés lors de cérémonies diffèrent selon les régions et ressources du moment. Du sable, débris de termitières, des ocres, du sang pour coller, coaguler, des plumes, des pétales de fleurs, végétaux, des graines, des bouts de bois … L’ART INITIAL consiste en des peintures sur des parois rocheuses, des incrustations et des sculptures. L’ART COURANT était dessiné sur le sable, ou à l’ocre sur la pierre. Les Toas de la région du lac Eyre étaient des bouts de bois décorés, qui servaient de balisage et avaient aussi des usages ou autres visages visuels ou spirituels. LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE
Le bois est surtout le matériau principal, en acacia ‘mulga’, eucalyptus et parmi d’autres instruments de musique aborigène citons :
LE DIDGERIDOO |
|||||||||||||||||||||||||||||
Il est un instrument mythique qui accompagne les chants et les rites de cérémonies de certaines tribus. C’est un instrument à vent, en bois creux ou creusé par les termites. La plupart des didgeridoos sont en bois d’eucalyptus. Il en existe quelques 500 espèces connues pour leur rusticité, parfaite adaptation au type de sol et climat. En fait un didgeridoo authentique est un tronc ou branche d’eucalyptus dont les termites ont creusé l’intérieur de la paroi. Il existe quelques 2000 espèces de termites dans le monde, et celle qui nous intéresse est arborale appelée ‘Coptotermes acinaciformis’ qui existe parmi les 350 espèces présentes en Australie. Durant l’époque nomade, un didgeridoo était un objet rituel. De nos jours, n’ayant pas d’autre alternative à la survie de leur culture, les Aborigènes commercialisent cet instrument avec l’objectif de se réapproprier un contrôle de leur patrimoine. L’approche de cet instrument est différente pour les Aborigènes qui cherchent à transmettre une sagesse spirituelle, alliée d’une complicité mystique par rapport à l’instrument, bien au delà de la performance musicale et instrumentale auxquels le monde occidental l’a réduit. Le didgeridoo est originaire du nord de l’Australie, à Arnhem Land, à l’ouest des Kimberleys, dans la région du Cape York, Golf de Carpentarie, au nord du Queensland. Ce bout de bois est en symbiose avec la magie des chants mystérieux appartenant au ‘Dreamtime’, il sert aussi lors de fêtes sociales. | ![]() |
| DRAPEAU DU DETROIT DE TORRES |
Ce drapeau a été dessiné par Bernard Namok de Thursday Island et hissé en 1992. Le drapeau représente l’unité et identité des insulaires du Détroit de Torres. Les deux bandes horizontales vertes symbolisent la terre et la bande bleue centrale représente la mer. Les deux bandes noires représentent les insulaires. Au centre le Dhari blanc est la coiffe de cérémonies. L’étoile blanche dont la couleur symbolise la paix, a cinq côtés qui montrent les points cardinaux des cinq groupes d’îles de l’archipel du Détroit de Torres : est, ouest, centre, Port Kennedy et la Péninsule. Les insulaires marins et pêcheurs utilisaient les étoiles pour se repérer.
DRAPEAU ABORIGENE |
Le drapeau aborigène a été dessiné par Harold Thomas de la tribu Arrernte, de l’Australie Centrale. Le drapeau représente un symbole puissant de l’unité et identité du peuple Aborigène d’Australie à travers le pays. Il fut hissé pour la première fois pour la commémoration de la journée nationale Aborigène, en juillet 1971, à Adélaïde en Australie Méridionale. Sa symbolique est marquée par la bande noire dont la couleur représente le peuple Aborigène en joignant le passé, présent et futur. Le cercle jaune central représente le soleil, l’énergie, porteur de la vie. Le rouge représente la terre et la relation spirituelle avec la Terre Mère.
BP = avant de nos jours
120 000 BP
L’analyse de pollen et charbon suggère que l’action de brûler était d’usage par les hommes de la région du bassin du lac George, dans le sud des plateaux de la Nouvelle Galles du Sud. L’étude du Docteur Gurdip Singh se porte sur d’anciens sédiments près de Canberra, qui prouveraient l’augmentation de feux de brousse depuis 120, 000 ans. Avant cette date, aucune évidence du feu n’est visible dans cette région. Cette constatation porterait à croire que les Aborigènes seraient responsables de cette soudaine pratique du feu dans la région.
116,000 BP
En Décembre 1996, des recherches prouveraient une existence humaine dans le nord – ouest de l’Australie. Le site est appelé ‘Jinmium’ et se situe dans le nord –ouest du Territoire du Nord, près de l’Australie Occidentale.
60 000 – 55 000 BP
Une preuve archéologique montre qu’une grotte était utilisée par des hommes sur un site d’Arnhem Land dans le Territoire du Nord.
45 000 BP
Des voûtes gravées apparaissent en Australie Méridionale
43,000 BP
Des outils de pierre sont trouvés dans une carrière à la rivière ‘Napean’, près de Penrith, en Nouvelles Galles du Sud
38,000 BP
900 outils et matériaux sont trouvés à Upper Swan River, près de Perth en Australie Occidentale
30 000 BP
Un squelette humain du lac Mungo est enterré dans une tombe peu profonde
10 000 BP
Des Aborigènes à ‘Whyrie Swamp’ utilisent des boomerangs pour attraper du gibier d’eau
5000 BP
La technologie se développe dans le sud-est de l’Australie et jusqu’au Cape York, dès 3000 AJC
3500 BP
Le dingo sans doute un descendant du loup indien arrive en Australie par l’Asie.
1000
Des canaux d’écorce sont utilisés le long de la côte nord de l’Australie
1368-1644
Dynastie chinoise, Ming Cheng Ho entreprend sept voyages entre 1405-1432 et visite fort probablement l’Australie.
1588
Les ‘Macassans’ et leurs embarcations arpentent la côte nord-est du Territoire du Nord, ils pêchent des bêches de mer et troquent avec les Aborigènes, jusqu'à ce que le gouvernement de l’Australie Méridionale y mette un terme en 1906.
1606
Les premiers témoignages des contacts entre Aborigènes et Européens furent donnés par le Capitaine Willem Jansz sur ‘Dwyflken’ un bateau hollandais, lors de son passage le long de la côte ouest et la Péninsule du Cape York
Luis Vaez de Torres, député du commandant Pedro Fernandez de Quiros, découvre un passage par un détroit qui porte son nom entre la Nouvelle Guinée et le nord du continent
1688
William Dampier a été le premier navigateur britannique à poser pied sur le continent australien, au nord de la ville de Broome, en Australie Occidentale
1770
Le Lieutenant James Cook prend possession de toute la côte Est de l’Australie en hissant le drapeau anglais à l’Ile Possession, tout au nord de la Péninsule du Cape York
1788
Le Capitaine Phillip hisse le ‘Union Jack’ à Sydney Cove et les campements s’organisent. La population indigène est estimée à 750 000, la résistance est immédiate.
1789
Propagation de la variole par les Anglais, qui décime une vaste majorité de la population aborigène de la région de Sydney, puis qui s’étendra ailleurs.
1804
Deux ans après que le drapeau anglais soit hissé à Van Diemen’s land (Tasmanie), les pionniers sont autorisés à tuer les Aborigènes.
1830
Des conventions de Protectionnisme sont crées, qui durèrent 100 ans.
1837
A Londres, un Comité ’Parliamentary Select Committee’ dénonce le génocide des antipodes.
1848
Les troupes natives de la police de la Nouvelle Galles du Sud sont emmenées au Queensland pour trouver et tuer les natifs et ouvrir les terres à de nouveaux campements.
1859
Charles Darwin publie "Les origines des Espèces" à 60 000 exemplaires. Né en 1809 et mort en 1882, ce naturaliste britannique célèbre, défend la notion de 'sélection naturelle’, de ‘races civilisées’, et de races ‘inférieures’ et bien plus.
1863
Début de l’importation en masse de main-d’œuvre esclave venant des îles Pacifiques au Queensland pour travailler dans les plantations de coton
1868
Le premier tour de cricket australien à l’étranger part pour l’Angleterre; l’équipe est aborigène. 150 Aborigènes sont tués alors qu’ils résistent contre les arrestations dans les Kimberleys.
1876
Truganini, la dernière femme aborigène de pur-sang de Tasmanie meurt à Hobart.
1888
La phrase ´ White Australia Policy ª apparaît sur le boomerang de William Lane’s à Brisbane.
1890
Francis James Gillen (1855-1912) responsable de la ligne télégraphique d’Alice Springs en 1890 se lie d’amitié avec Baldwin Spencer (1860-1929), un professeur en biologie et anthropologue. Tous deux se lient d’amitié avec les Arrernte (tribu) et deviennent des protecteurs des coutumes et traditions et aussi de leurs droits. Ils publient en 1899, ‘The Native Tribes of Central Australia’ et d’autres volumes suivront.
Le Commonwealth de l’Australie devient un gouvernement indépendant et membre de l’empire britannique.
1904
Première Commission Royale (Roth) pour les Affaires Aborigènes.
1927
Les Aborigènes sont bannis du centre de Perth (loi abrogée en 1948)
1931
Le territoire aborigène d’Arnhem Land, (Territoire du Nord), devient une réserve. On en signe le statut.
1934
Seconde Commission Royale (Mosely) sur le Traitement des Aborigènes
Le dernier Tigre de Tasmanie meurt au zoo de Hobart. Des témoignages disent que peut-être il en existerait encore, mais il est porté disparu.
1937
Le Gouvernement passe d’une protection passive à une politique d’assimilation.
1938
En Nouvelle Galles du Sud, fête nationale, des Aborigènes de l’Australie Occidentale et NGS sont amenés de force à Sydney et contraints de jouer un rôle d’acteurs lors de la cérémonie commémorative du 26 Janvier 1788.
1942
La ville de Darwin est bombardée par les Japonais. A Arnhem Land, Les Aborigènes créent une défense contre les Japonais.
1951
Canberra crée une nouvelle commission pour les Aborigènes.
1952
Le premier uranium produit à Uranium Hill en Australie Méridionale part en Angleterre pour des usages atomiques.
1953
Les tests nucléaires anglais à ‘ Emu’ (Australie Méridionale) déclenchent un nuage radioactif qui tue et affecte un certain nombre d’Aborigènes.
1957
Des tests anglais atomiques à Maralinga dans le désert, au sud de l’Australie ont lieu, suite à l’accord du gouvernement de Menzies. A nouveau, les Aborigènes sont affectés par la radiation par manque de précaution et sécurité lors des tests.
Mémorial d’Elcho Island, sur une île de la terre d’Arnhem. Plusieurs peuples aborigènes de la région exposent devant l’église de l’île une collection de leurs peintures sur écorce pour obtenir une plus grande autonomie.
1962
L’Acte Electoral du Commonwealth est amendé à affranchir tous les Aborigènes (ie. Le droit de vote s’étend en WA, QLD et NT)
1963
Une peinture sur écorce portant une pétition contre l’ouverture d’une mine est présentée au Parlement australien de Canberra, par onze initiés de la communauté de Yirrkala, dans l’est de la terre d’Arnhem.
1964
A ‘Nourlangie’, nord du Territoire du Nord, des peintures style dit ‘rayons X’ sont peintes sur les parois du rocher. La coutume se perpétue.
1965
Charles Perkins, un activiste Aborigène mène la ‘Freedom Ride’ à travers l’ouest de la Nouvelle Galles du Sud en protestant contre la discrimination et les mauvaises conditions de vie, avec un groupe d’étudiants.
1966
Juillet 1965 - Mars 1966, une commission d’arbitrage attribue l’égalité des salaires aux employés aborigènes pastoraux. L’industrie du bétail réagit en donnant congés à la main-d’œuvre aborigène et en conduisant les communautés progressivement hors des propriétés où sont leurs terres ancestrales.
1967
Plus de 90 % des Australiens ont voté dans un referendum pour abolir la discrimination contre les Aborigènes dans la Constitution, en annulant deux clauses, et donner ainsi le droit au Commonwealth de donner la citoyenneté à tous les Aborigènes, et aussi le droit au suffrage universel et aux Recensements. Sur le plan fédéral, les Aborigènes sont nés sur le sol australien et sont donc citoyens, mais les Etats et des décrets limitent leurs droits.
1971
Les Aborigènes sont comptés pour la première fois dans les statistiques démographiques.
Neville Bonner est nommé par le parlement du Queensland pour une fonction au Parti Libéral au Sénat. Il est le premier aborigène à siéger au parlement fédéral.
1972
La tente de l’Ambassade aborigène est montée devant la Maison du Parlement à Canberra. Parmi les revendications citons : l’intégration, auto-détermination, autonomie
1975
Le décret Anti- Racisme est passé au Parlement Fédéral.
Le décret de la Grande Barrière de Corail et Parc Marin est proclamé par le gouvernement de Whitlam pour établir un control, et diriger et développer le parc marin dans la région de la Grande Barrière de Corail.
L’Acte de la Commission ‘Australian Heritage Commission’ est crée.
Rover Thomas donne naissance à une cérémonie inédite, avec ses chants et ses tableaux, le Gurrirr Gurrirr. C’est l’origine de l’école de Turkey Creek, dans les Kimberley, au nord ouest du continent.
1976
Le décret des Droits à la Terre (Territoire du Nord) est passé par le Parlement fédéral qui reconnaît les droits fonciers des Aborigènes à environ 11,000 personnes.
La municipalité des Pitjantjatjarra est constituée.
1978
Ordonnance des droits des Sites Sacrés aborigènes du Territoire du Nord. Une loi pour les sites sacrés est passée.
Le Conseil du Droit Foncier du Kimberley est constitué. Le Territoire du Nord devient indépendant grâce au gouvernement de Fraser.
Le 3 novembre, un Accord des Rangers (uranium mining) est signé par le Conseil du Droit Foncier du Nord du Territoire du Nord et le Commonwealth d’Australie
1979
Les femmes d’Utopia, d’une communauté du désert central, dévoilent leurs peintures corporelles en guise de témoignages, lors du procès de reconquête de leurs terres.
1980
Premières peintures ‘à points’ du désert, au musée fédéral de Canberra (National Gallery d’Australie). Les premières peintures sur écorce étaient, elles, entrées dans un musée des beaux-arts (Art Gallery de la Nouvelle Galles du Sud, Sydney) au début des années soixante.
1983
Uluru, le monolithe rouge le plus célèbre, est transféré à ses propriétaires Ancestraux, aussi propriétaires de territoires de la région. Un bail stipule la jouissance du site durant 99 ans par le gouvernement, comme parc national et comme site touristique.
1988
Des dizaines de milliers d’Insulaires du Détroit de Torres, les Aborigènes, et des personnes non-aborigènes marchent à Sydney, le 26 Janvier (fête nationale) pour célébrer la survivance de la culture aborigène durant le bicentenaire marquant l’arrivée des colons britanniques.
Une exposition de 88 peintures sur batik faites par des femmes de la communauté d’Utopia en Australie Centrale, a lieu sous les auspices du collectionneur et milliardaire, Robert Holmes à Court.
Mémorial Aborigène, 200 pôles funéraires, correspondant aux deux cents années d’occupation blanche, sont exposés à la biennale de Sydney.
La région du Queensland Wet Tropics (vaste forêt) est inscrite sur la liste de l’Héritage Mondial.
1990
La Commission Aborigène et du Détroit de Torres est crée. (ATSIC)
1991
La Commission Royale de l’incarcération aborigène présente un rapport et les Recommandations au gouvernement fédéral.
Conseil de Réconciliation crée par le gouvernement fédéral et qui regroupe 25 membres : 12 Aborigènes, 2 représentants des îles du Détroit de Torres, au nord-est du continent et 11 représentants de l’Australie. Il cherche à harmoniser les relations entre les Aborigènes et l’Australie blanche par une campagne d’informations, débats.
1992
La Haute Cour d’Australie reçoit le Cas Mabo et en plaidoirie que son titre foncier existe – On aboli le concept que L’Australie était Terra Nullius (terre à personne) qui s’applique au plaignant de l’île Murray. (Eddie Mabo)
Le Premier Ministre Paul Keating à Redfern Park (Sydney) inaugure l’Anniversaire de la décennie de l’Année Internationale des Peuples Autochtones et la souffrance des erreurs du passé
Le Sommet de la Terre des Nations Unies à Rio de Janeiro établit un programme standardisé pour la protection de la biodiversité dans le monde
1993
Le décret du Titre de Natif est passé au Parlement fédéral
1994
Le ‘Fond Indigène pour la Terre ‘ est établi par le gouvernement fédéral pour les personnes indigènes pour acheter de la terre, une initiative qui s’ensuit de la décision Mabo.
1995
Une commission d’enquête nationale s’insurge et remet un rapport sur les enlèvements d’enfants Aborigènes sous la tutelle de la police gouvernementale (entre 1910 et 1970).
Le Conseil pour la Réconciliation, ATSIC, la Commission de la justice sociale des Aborigènes et Insulaires du Detroit de Torres présentent les rapports au gouvernement fédéral, pour que la justice sociale pour les Aborigènes et insulaires du Détroit de Torres soit rendue.
1995
La Corporation de la Terre des Indigènes est entamée par un programme national de l’acquisition et gérance des terres pour les Indigènes australiens utilisant l’argent du fond foncier.
1996
L’accord du ‘Cape York légifère les intérêts des groupes indigènes, le syndicat des éleveurs de bétail et l’Association australienne pour la Conservation.
La décision juridique du Cas des ‘Wik’ (groupe tribal), dans le Grand Nord du Queensland est rendue par la Haute Cour qui accorde un titre indigène (native title) sur des baux pastoraux.
A Darwin, 2 sculptures de sable sont réalisées respectivement dans le hall du parlement du Territoire du Nord et dans celui du Palais de Justice.
1997
Convention Australienne pour la Réconciliation (Mai), aux Bureaux du Congrès Mondial à Melbourne
2000
Cathie Freeman, remporte la course du 400 mètres d'athlétisme, aux Jeux Olympiques de Sydney, remportant la médaille d'or.
Le Conseil de la Réconciliation atteint la fin de sa décennie, il en résulte un rapprochement des citoyens australiens sur le Pont de Sydney, lors d’une marche réunissant plus de 100 000 personnes. Le sort des victimes de la génération volée est pris en compte.
L’Aboriginal Art & Culture Centre ª à Alice Springs, appartenant à un clan du groupe tribal ‘Arrernte’ se voit remettre des outils et matériaux, qui ont appartenu à leurs ancêtres ; un geste historique rendu possible grâce au musée de l’Australie Méridionale et quelques personnes anonymes.
Kumantjey Perkins, (tribu Arrernte et Kalkadoon), décède à Sydney, il fut un activiste pour la justice aborigène. Né à Alice Springs en 1936, mort le 18 octobre 2000 à l'âge de 64 ans.
2001
L'Australie fête le centenaire de la fédération. Les Aborigènes le célèbre à leur manière en organisant le plus grand corroborre en invitant toutes les tribus à danser dans la région d'Alice Springs en Australie Centrale, en septembre 2001, lors du festival Yeperenye.
2005
La Commission Aborigène et du Détroit de Torres est crée. (ATSIC) est dissoute. Cette organisation composée d’aborigènes élus par leur communauté avait pour but d’être le porte parole des intérêts Aborigènes auprès du gouvernement. Entachée par des scandales liés à son dirigeant Geoff Clark l’organisation avait perdu sa crédibilité.
Depuis 2005 il n’y a plus d’élu Aborigène au niveau fédéral.